Notre équipe était plus mince que prévu mais nous nous en sommes largement accommodé. Il faut dire que Vincent, le seul ami qui ait finalement pu venir nous rejoindre de l'autre côté de l'Atlantique pour ce road-trip, est quelqu'un qui sait mettre l'ambiance. En outre, Jérémie et lui sont très complices. Très très complices. (Trop complices ?). J'aurai beaucoup entendu parler pendant ces heures et ces jours de transport d'une danseuse asiatique (ou plutôt mexicaine), d'un ours et de travers de porc (prononcer "riiiiibs")... Allez comprendre :)

Nous avons pris la voiture et la route un beau lundi matin. Notre monture était parfaite. Toute rouge et jolie comme tout. Les bagages tenaient tout juste, répartis entre le coffre et le siège arrière. Notre installation était plutôt confortable : à l'avant, deux places côte à côte pour discuter et admirer les paysages. A l'arrière, un petit espace cosy pour roupiller tranquillement en toute chaleur. Nous alternions les conducteurs, sans vraiment savoir qui avait vraiment le droit de conduire.

En effet, Jérémie et moi sommes aux USA depuis plus d'un an et aurions probablement dû passer le permis de conduire local. Cette règle dépend cependant des États. Nos permis internationaux s'étaient périmé sans nous le dire. Par dessus le marché, je n'étais pas déclarée comme conductrice auprès de l'agence de location. Mais il paraitrait que les conjoints n'ont pas besoin de se déclarer comme conducteurs pour pouvoir prendre le volant et être intégrés à l'assurance. Soit. Mais est-ce vrai en Californie seulement ? ... Bref, nous roulions avec beaucoup d'incertitude et en ce qui me concerne, j'avais tellement peur de me reprendre un PV avec convocation au tribunal que je roulais presque au pas sur l'autoroute (comment ça, ça mérite aussi un PV ?)!

Notre première destination était le parc Yosemite. Nous l'avions déjà exploré en partie quelques semaines plus tôt mais Jérémie était particulièrement excité à l'idée d'y retourner. Et il avait raison : c'était tout aussi beau (sinon plus) la deuxième fois ! Cette fois-ci, pas de bouchons extrêmement énervants au cœur du parc. Pas non plus de camping à perpète-les-oies. Comble du luxe, nous avions un camping sur place, à l'intérieur du parc. On avait fait les choses correctement pour une fois, en réservant notre place bien à l'avance.
Certes, les chutes étaient beaucoup plus maigres que la fois précédente, voire complètement asséchées pour certaines mais le temps était très agréable. La neige avait complètement disparu.

Dans la Mariposa Grove, Vincent a fait connaissance avec les séquoias géants. Il y avait quelques beaux spécimens.

Taft Point et Glacier Point quant à eux offraient des vues sur la vallée toujours aussi magnifiques et vertigineuses.

Nous n'avons pas eu de mal à trouver notre camping. En revanche, pour notre premier montage de tente tous ensemble, on pouvait faire plus simple : au moment où nous avons trouvé notre emplacement, il faisait nuit noire. Et, bien évidemment, nous n'avions qu'une toute petite lampe de poche rangée au fond du sac. La voiture nous a offert ses phares mais nous avons dû, pour cela, la laisser tourner.
Finalement, nous nous en sommes bien sortis. Nous avons même mangé un repas de gastronome devant les toilettes (le seul endroit où il y avait un peu de lumière). Au menu : conserves de raviolis / spaghettis aux meat balls sur petit réchaud au gaz, mangé à même la casserole. Merci Campbell's.
Le camping est équipé de grosses boites en métal où l'on doit impérativement déposer tout ce qui se mange, ainsi que les cosmétiques, pour empêcher les ours de venir démonter notre tente ou forcer nos voitures s'il en émane une odeur intéressante. Tout ça fait un peu flipper ... mais nous n'avons pas vu d'ours.

Nous avons très mal dormi. A vrai dire, il faisait un froid de canard et nos matelas étaient très peu confortables.
Mais bon, c'était les vacances, l'aventure ... et le lendemain, nous étions au taquet pour explorer le Nord du parc Yosemite, que nous ne connaissions pas. Nous avions choisi de faire une chouette rando, assez épuisante, vers les Nevada Falls. Au sommet, nous étions récompensés de tous nos efforts. C'est ça, la vraie rando. Il faut mériter sa vue, comme dirait Jérémie.

Le soir venu, nous étions tellement contents que nous avons discuté et ri bien bruyamment autour d'un feu et de saucisses grillées pendant plusieurs heures, si bien que les voisins de camping semblaient nous détester le lendemain matin.
Au programme de cette troisième journée : bon moment au bord du magnifique lac Tenaya, balades dans les prairies humides, découverte d'une source d'eau gazeuse toute rouge que nous n'avons pas hésité à gouter.

Nous sommes également allés voir les Tufa towers, de drôle de formations de sel au bord du Mono Lake. C'était ... bizarre !

Nous n'avions pas de réservation pour cette nuit-là et Vincent était un peu inquiet/impatient de ne trouver qu'un vieux motel miteux. En réalité, le motel le moins cher que nous ayons trouvé était super classe. Avec même une piscine ! Et pour diner : un pétage de ventre en règle au Denny's. Le baptême du Denny's de Vincent.
Et puis nous sommes doucement arrivés dans la Vallée de la mort (La Valle de la Muerta comme dirait Vincent).
Inutile de préciser qu'il faisait chaud, à la fin de l'été, dans la Vallée de la Mort. Mais faut-il préciser à quel point il fait chaud ? Il faisait environ 43°C à l'ombre.... Mais il n'y a pas beaucoup d'ombre dans le désert. Nous avions des litres et des litres d'eau dans la voiture mais toutes les bouteilles étaient chaudes, si bien qu'on avait plutôt l'impression de boire du thé fade. Quant à la voiture, on nous avait déconseillé d'en utiliser la clim, sous peine de faire chauffer davantage la voiture, alors il faisait "bon", à l'intérieur. Un ami nous avait dit un jour que rouler dans la vallée de la Mort avec les fenêtres ouvertes, c'est un peu comme se trouver dans un sèche-cheveux géant. Ça ressemble à ça, effectivement.

En ce qui concerne les paysages, je ne pensais pas être autant éblouie par la Death Valley. Je pensais que l'expérience de cette vallée était surtout une expérimentation de la chaleur extrême. J'avais presque zappé le fait que les paysages sont éblouissants et, contrairement à ce que je pensais d'un désert, variés.
C'est ainsi que nous avons vu des dunes de sables (Mesquite dunes), des montagnes et canyons de différentes couleurs (Artist's palette, Golden Canyon...) ou encore des marais salants rappelant la Salar de Uyuni en Bolivie (Badwater). Il est aussi intéressant de mentionner que Badwater se situe à 86m en dessous du niveau de la mer, ce qui en fait le point le plus bas en Amérique du Nord.

Nous avons même visité une ville fantôme (Ryolithe Ghost Town) mais celle-ci était pour le moins décevante. On se demande bien pourquoi du village de 8000 habitants supposés, il ne reste que 6 ou 7 bâtiments ... (?). Heureusement, le musée belge qui se trouve dans le village en ruine est drôle et complètement décalé.

Comme nous sommes des warriors, nous avions décidé de camper dans la vallée de la mort, le soir venu. Au moins, nous n'avions pas de problèmes pour trouver un emplacement : en cette saison, le camping est désert. Eh bien, certes, il faisait chaud pendant la nuit (surtout comparé au froid du parc Yosemite), mais c'était vraiment supportable ! Au moment de partir, deux coyotes se promenaient tranquillement autour de notre tente.

C'était le moment de revenir à la civilisation. Nous sommes arrivés en fin d'après-midi de la 5ème journée à Las Vegas et avons très rapidement (et facilement) pris place dans nos quartiers chics, j'ai nommé l'hôtel Circus Circus sur le Strip (le Strip étant la fameuse rue des casinos). C'était la troisième fois que je venais à Vegas mais je suis toujours impatiente de faire découvrir cette drôle de ville à d'autres personnes. Comme d'habitude, nous avons marché le long du Strip et avons vite été crevés. C'est vraiment fatigant, Las Vegas ! Nous n'avons malheureusement pas gagné le gros lot. Nous n'avons d'ailleurs pas vraiment joué. Juste visité les différents hôtels-casinos et cette fois nous avons même vu la plupart des spectacles gratuits, notamment le spectacle de fontaines du Bellagio et l'éruption volcanique du Mirage. Pfiou. Nous nous sommes même enfilé un gros steak à l'Outback SteackHouse.

Le lendemain, de bonne heure et de bonne humeur, nous étions en route pour la côte sud du Grand Canyon.

Pas de Skywalk pour nous (c'est pour les riches touristes, ça) mais les points de vue habituels.
Je dois dire que quand on découvre le Grand Canyon pour la deuxième fois, ce n'est plus la même chose ! Et alors quand on le voit pour la troisième fois ...
Bon ok, c'est toujours impressionnant mais y a impressionnant-surprenant-époustouflant et impressionnant-ok-je-connais... Pour que Vincent profite de la première catégorie, nous avons eu l'idée de lui bander les yeux et de l'amener sur le bord du canyon. C'était une supposée bonne idée, sauf que nous avons trop mal choisi l'endroit qui n'offrait pas une vue dégagée. Je crois que nous avions peur de faire tomber Vincent dans le canyon, comme ce Français il n'y a pas si longtemps.

Après une nouvelle nuit en camping dans des conditions climatiques parfaites et des tonnes de miles avalés, nous sommes revenus passer une soirée à Las Vegas, dans la vieille ville, cette fois (Fremont Street Experience). Nous avons enfin pu voir le plus grand écran du monde (12.5 millions de led, qu'ils disent) en action et je dois dire que ça valait son pesant de cacahuète. Nous nous sommes encore goinfré au buffet d'un casino, devant des gogo-danseuses. Vincent s'est par ailleurs constitué une impressionnante collection de photos de femmes aux doux prénoms. Jamais nues, attention ! Il y a toujours une toute petite étoile pudique sur les parties intimes de la demoiselle. Ah Ah.

Le dernier jour était consacré à rallier Las Vegas à San Francisco, ce qui demande une bonne journée complète. Nous n'avons pas manqué de nous arrêter à un bon vieux Jack in the Box sur la route.
De retour à San Francisco, nous étions fatigués, mais heureux. Mais fatigués.