100 francs 6 quoi ?

Les tribulations de Jérémie et Emilie à San Francisco

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

01août

La San Francisco Pride

IMG_2608.JPG

San Francisco, c'est comme un Eldorado américain. Tous les gens qui se sentent exclus ou incompris ailleurs dans le pays (qui est globalement très pieux et très puritain) se dirigent tôt au tard vers cette ville d'accueil. C'est sans doute pour cette raison que San Francisco, la ville la plus libérale des USA, héberge la plus large communauté gay du pays. On dit même qu'à San Francisco, un homme sur 5 serait gay. Et pour cause, ici, il n'y a aucune honte à être gay (au moment même où j'écris ces lignes, un couple d'hommes est en train de s'embrasser goulûment devant ma fenêtre). Le puritanisme traditionnel a été laissé chez la grand-mère, je crois, et ici, on est fier, très fier de cette différence. Les multitudes de drapeaux arc-en-ciel dans les rues de San Francisco en témoignent. En outre, nous avons ici la librairie gay la plus fournie, le quartier gay le plus dynamique, les activistes gays les plus motivés et j'en passe. Le film Harvey Milk illustre bien cette bataille perpétuelle pour la défense des droits des homosexuels.

Image1.jpg

Dans ce contexte, on comprend que la Gay Pride, ou plutôt la San Francisco Pride, comme ils disent ici, a sa petite importance. Celle-ci se tenait les 26 et 27 juin derniers et nous ne voulions pas la manquer, d'autant plus que la fête en question fêtait son 40ème anniversaire. L'année dernière, souvenez-vous, Jérémie y avait déjà assisté alors que j'étais encore en France.

Img_2675.jpg

La SF Pride dure deux jours pendant lesquels des stands de rue vendent toutes sortes d'objets couleur arc-en-ciel à des clients bigarrés.
Mais le coeur de l'événement, c'est la Parade.

Honnêtement, aussi festive et imposante soit-elle (plus de 200 chars), je crois que je m'attendais à quelque chose de plus extravagant de la part de San Francisco. J'étais habituée à la Gay Pride de Lyon où il y a beaucoup plus de travestis à plumes que d'homosexuels discrets. Ici, peu de travestis et peu de chichis mais beaucoup de simplicité. On pouvait notamment voir défiler des familles (couples d'hommes ou de femmes avec des enfants), fiers d'annoncer le nombre d'années passées ensemble. C'était mignon.

IMG_2565.JPG IMG_2567.JPG

A vrai dire, la parade est très organisée et elle commence chaque année par les motardes ("Dykes on Bikes" ou "goudous en deux-roues" - cette traduction vous est offerte par Jérémie :)). C'est ensuite (je ne sais pas dans quel ordre exactement) que viennent les PFLAG (Parents, Families, and Friends of Lesbians and Gays, c'est à dire les familles et amis de gays/lesbiens), les églises (!), les politiciens, les associations, les administrations, les entreprises et (tout de même) le groupe des "plumes" et BDSM. Non, je ne vous fournirai aucune explication sur les BDSM. Désolée :)

Img_2708.jpg

Tout cela donne un mélange assez surprenant, comme vous pouvez l'imaginer. Il y en a même qui se tapent l'incruste, comme les végétariens et autres groupes à revendication. Mais tout le monde reste très bon enfant.

Img_2605.jpg

Pour finir, je ne peux pas achever cet article sans citer quelques présences intéressantes dans la parade : le charmant maire de San Francisco, Gavin Newson (ci-dessous), à qui j'ai presque serré la main, les Backstreet Boys (personnalités gays de l'année !!), les salariés gays de Google ou encore les membres gays de la SFPD.

Img_2583.jpg

07juil.

Bay to Breakers

Ça veut dire quoi, ça, "Bay to Breakers" ? Attendez, je vais vous expliquer.

Bay, vous savez de quoi il s'agit. C'est comme en français : la baie de San Francisco. Ce n'est pas tout à fait une mer, ce n'est pas non plus vraiment l'océan. En tout cas, c'est de l'eau.
Breakers, c'est en quelque sorte l'endroit où les vagues se brisent. C'est une image poétique pour désigner l'océan.

En effet, San Francisco est ainsi faite, qu'elle est positionnée pile entre une baie et un océan.

Image s'il vous plait.

bay-breakers_reduit.jpg

Merci.

Bref, en constatant cette magnifique géographie, certaines personnes bien pensantes se sont dit un jour:

- Dis, John*, pourquoi on n'organiserait pas une course d'une étendue d'eau à l'autre ? On pourrait inventer quelque chose de délirant. Par exemple, on pourrait imaginer les coureurs déguisés ... ou attends, j'ai une meilleure idée, ils pourraient même courir tout nus !
- Ecoute Bryan*, c'est une très bonne idée !

Et paf, "Bay to Breakers" était né.
C'était quelques années après l'horrible tremblement de terre déprimant de 1906 qui avait plus ou moins détruit toute la ville. Je pense que les San Franciscains avaient largement envie de se changer les idées.
Presque 100 ans plus tard, la fête continue de plus belle ! En 1986, il s'agissait de la course rassemblant le plus de participants au monde (110 000 à l'époque). Aujourd'hui, celle-ci en compte en moyenne environ 75 000 !

Img_9637.jpg Img_9670.jpg Img_9693.jpg Img_9641.jpg Img_9591.jpg Img_9718.jpg
Img_9576.jpg IMG_9525.JPG Img_9666.jpg Img_9671.jpg Img_9526.jpg Img_9612.jpg

Si on fait le calcul, en considérant que 65% des gens sont costumés ou nus, on trouve qu'il y aurait 50000 personnes à photographier chaque année. Admettons que 30% d'entre eux ont un déguisement un peu nul, il en reste tout de même 40000. Je me sens d'humeur matheuse aujourd'hui. Sachant que cette course existe depuis 99 ans, ça fait environ 4 millions de personnes à photographier. Peut-être que certaines personnes ont remis plusieurs années de suite le même déguisement (surtout s'ils étaient nus), ça fait un peu moins. D'un autre côté, certaines personnes méritent plus d'une photo, si le costume est compliqué et différent devant et derrière.

BB.jpg

Tout ça pour dire que mes photos présentées ici ne sont pas très représentatives de l'événement, d'autant plus que j'avais un mal de chien à prendre les photos en étant moins même en train de courir marcher.

Img_9731.jpg

N'hésitez pas, mes amis, à assouvir votre curiosité en tentant une recherche de "Bay to Breakers" sur Google images ou sur Flickr. Vous serez servis en terme de fesses, de Superman, de Bob l'Eponge et autres Charlie (de "Où est Charlie ?", qui entre parenthèses ne s'appelle pas du tout Charlie ici, mais Wally, ce qui nous donne, si vous suivez bien "Where's Wally?").

go8f7288a-450x337.jpg (Cette image n'est pas de moi, je l'ai trouvée ici).

Voilà, mis à part le fait que la course fait 12 kilomètres, que les gagnants de cette année sont Sammy Kitwara (Kenya) et Lineth Chepkurui (Kenya) et que nous avons bien ri, je crois que j'ai tout dit.

'* Pour certaines raisons d'ignorance, les noms des inventeurs ont été modifiés.

23juin

Wwoof wwoof

Le concept n'est pas nouveau. Il fêterait même son 40ème anniversaire. Mais il s'est largement répandu ces dernières années, notamment parmi les néo-bobos et les baroudeurs en tous genres.

wwoof.gif

La première fois que j'ai entendu parler de "wwoofing", c'était en Mongolie. Nous avions alors rencontré dans une auberge d'Oulan Bator une française très motivée qui partait tenter l'expérience dans je ne sais quel pays.

Elle m'avait expliqué que le wwoofing consistait en un échange de bons procédés au cœur d'une ferme bio : tu me donnes de quoi manger et dormir et un peu d'informations sur la culture biologique, je t'aide dans tes travaux de la ferme.
A l'époque, même si elle avait précisé, à grands renforts d'arguments que c'était "vraiment génial !", ça ne m'avait pas vraiment parlé. Moi ce que j'aime, c'est plutôt la ferveur des métropoles... Bangkok, Hong Kong, Montréal, San Francisco... pas vraiment les petits villages du fin fond de nulle part... (Pour ça, j'ai mon repaire à moi au cœur de la Marne... ;-))

Mais je suis ouverte à tout, aussi quand j'ai entendu parler à nouveau du wwoofing par des couchsurfeurs (en Nouvelle-Zélande et en Australie notamment, la pratique est très répandue) et par des amis, j'ai réfléchi à la question.
J'ai du temps. Je suis curieuse. Je suis intéressée par les produits bio. J'aimerais découvrir un autre aspect des États Unis. Des vacances au vert ne me feraient sans doute pas de mal ... Go !

J'ai alors payé ma cotisation et parcouru toutes les pages du catalogue wwoofing des États Unis à la recherche de mon aventure inoubliable.
Cette ferme propose de travailler cinq heures par jour et de dormir dans une tente ? On passe. Celle-ci propose des cours de yoga également, bingo. Celle-là est trop loin, celle-ci s'occupe exclusivement d'abeilles...
Beaucoup de fermes cherchaient des mains pour un mois au minimum alors que moi, je voulais commencer petit : deux semaines suffisaient.

Finalement, j'ai pu sélectionner une vingtaine de lieux que j'ai contactés.
Après quelques échanges et beaucoup de refus, la "ferme" qui semblait correspondre plus ou moins à mes attentes et qui voulait bien de moi était le ranch de Tom et Pam, près de Ukiah, à 3h de San Francisco. Rendez-vous a été pris pour fin mai.

Deux semaines d'isolement verdoyant en perspective.

Dscn3838.jpg

C'est vrai, je savais que c'était isolé... mais je ne pensais pas que c'était à ce point. En effet, il ne faut pas moins d'une bonne demi-heure de voiture sur un petit chemin depuis le village le plus proche pour arriver à la propriété, magnifique au demeurant.
Pas vraiment un ranch tel que je l'entends mais la luxueuse propriété baignée de soleil d'un septuagénaire un peu bourru.

Tom est peut-être sympathique. Certainement, même. En tout cas, je crois comprendre qu'il est très cultivé. Ce n'est pas un fermier de profession mais en réalité un ingénieur chimiste de Berkeley.
Malheureusement, ça n'accroche pas vraiment entre nous. Il doit certainement avoir des choses à raconter mais je ne semble pas l'inspirer, pas plus que mes propres histoires ne semblent l'intéresser. Dommage, nous avons pourtant beaucoup d'expériences semblables, telles que la traversée de la Russie en transsibérien. Tant pis.

J'aurais pu m'entendre davantage avec sa femme, Pam. Le livre dont elle est l'auteur trainait sur la table et je pouvais voire son large portrait au sourire tout américain à l'arrière de l'ouvrage. Malheureusement, Pam était absente et elle le serait pendant toute la durée de mon séjour.

Dscn3849.jpg

J'avais à ma disposition un étage complet de la maison de Pam et Tom. Malgré le bric-brac qui s'y trouvait (livres, caisses de jardinage, meubles entassés, table de ping-pong, piano, piles de livres...), l'endroit était assez cosy, ben que pas du tout intime.

Mon travail consistait à travailler dans le jardin environ 4h par jour, à ma convenance. Je devais me préparer mes repas du matin et du midi en fouillant dans les frigos de la maison. Le diner en revanche était préparé par Tom.

Dscn3850.jpg

L'expérience s'est très vite avérée décevante.
Le wwoofing peut être une activité très enrichissante quand elle est partagée avec d'autres wwoofeurs et quand elle permet d'apprendre quelques concepts sur la culture biologique.
C'est par exemple ce qu'ont vécu mes amis Kebby et Yogan en Europe.
Malheureusement, dans mon cas, je ne recevais aucune instruction, ma ferme bio n'étant ni une ferme ni bio et mon hôte n'étant pas spécialement bavard. Pas d'autres wwoofers pour partager mes impressions et rendre le travail dans le jardin (= arrachage de mauvaises herbes essentiellement) moins monotone.

L'après-midi était libre mais je suis très vite arrivée à épuisement de mes idées d'activité. Pas de réception téléphonique, une connexion internet (pourtant nécessaire à mon travail à mi-temps) peu fiable, pas de voiture à disposition... Trois jours ont suffi pour que je commence à trouver le temps long, puis à remettre mon séjour en question, puis à attendre mon retour avant impatience.
Après une semaine et quelques événements fâcheux, j'ai finalement décidé d'appeler mon petit Jérémie à la rescousse pour me délivrer de cette expérience. Le pauvre a dû annuler ses plans, louer une voiture d'urgence et rouler toute la journée pour venir me chercher.... (Merci, Jé ! )

Dscn3832.jpg

Parmi les "incidents fâcheux", on retiendra l'épisode du "poison oak".
C'est quoi, ça ? Le Poison Oak, variante de "l'herbe à la puce" du Québec (Poison Ivy), est une plante tout à fait ordinaire, si ce n'est qu'elle a une facheuse tendance à créer d'horribles réactions allergiques sur toute personne qui a le malheur de toucher ou sa tige ou l'une de ses feuilles.

Le poison oak, dont les feuilles ressemblent à des feuilles de chêne à s'y méprendre (d'où son nom), est justement localisé sur la côte ouest du Nord de la Californie, c'est à dire précisément là où j'étais. Tom m'avait prévenue que certaines plantes étaient mauvaises et me les avait vaguement désignées du doigt. Malheureusement, quand après plus d'une heure de débroussaillage par mes soins, mon fermier est venu m'indiquer que j'avais eu le malheur de remplir sa remorque de Poison Oak, il avait l'air plutôt en colère. Et embarrassé aussi.
Ce jour-là, le travail s'est arrêté tout net et j'ai dû aller me nettoyer des pieds à la tête en priant pour que ma peau ne réagisse pas (heureusement, je portais des gants).
En effet, je vous ferai grâce des photos de réactions cutanées liées au Poison Oak, mais si vous êtes curieux vous pouvez tout simplement taper "Poison Oak" dans les images Google... Et bon appétit, bien sûr !

Bref, après toutes ces aventures, j'ai finalement choisi d'écourter mon séjour d'une semaine, c'est à dire de l'amputer de moitié.
Je vous rassure tout de même, ça n'était pas qu'une mauvaise expérience et je terminerai donc le récit de cette petite aventure par les points positifs de l'affaire :

  • Le "ranch" en question est splendide. Magnifique vue sur les forêts alentour, une jolie maison en bois chauffée aux panneaux solaires, des fleurs, des fleurs, et un étang. Contrairement à San Francisco, il fait toujours beau, ou presque.
  • Tom est un excellent cuisinier, ce qui est assez rare parmi les Américains. Chaque soir, je me suis régalée de ses petits plats sains, délicieux et variés.
  • Je n'étais pas complètement seule pour travailler puisque chaque jour venait avec moi au jardin la joyeuse Nicky, un golden retriever extrêmement amical. Moi qui n'aimais pas les chiens (à part Boogie, le chien de mon beau-frère et de ma belle-sœur, un autre Golden Retriever), je me suis vraiment attachée à cette adorable petite Nicky...

Dscn3825.jpg

  • A côté du ranch de Pam et Tom, se trouvait la communauté Emerald Earth dont j'ai pu faire la connaissance de quelques membres. Je suis ravie d'avoir découvert ce petit joyau de la vie alternative. Dans ce petit coin de nature vivent en communauté une vingtaine d'adultes et d'enfants de tous âges, chacun travaillant à sa mesure. Leur façon de vivre est basique et écolo, basée sur le partage et la nature. Ils sont très occupés par des tas de projets. Ils organisent par exemple des ateliers sur la construction d'habitats écolos. Ils sont un peu hippies, beaucoup d'entre eux sont également issus de l'université de Berkeley. N'hésitez pas à visiter leur site web, c'est intéressant.

emerald_earth.jpg

  • Enfin, Tom m'a proposé un après-midi de descendre à Boonville, la petite ville la plus proche, et j'en ai été ravie. C'est une ville tout à fait intéressante, un petit San Francisco en miniature. C'est un endroit "à part" où les gens "à part" se rassemblent. Beaucoup d'écolos et d'artistes. C'est une ville socialiste et hippie. Ces rigolos ont même créé leur propre language qui s'appelle le Boontling. Crazeek !

En définitive, ce n'était pas si mal. Sans rancune, Tom ! ;-)

Dscn3827.jpg

23juin

Redwood National Park

Pendant le mois de mai, Emilie avait décidé de tenter une toute nouvelle expérience, le wwoofing (voir prochain article). Destination pour ce faire : le nord de la Californie. Moyen de transport choisi : la bonne vieille voiture de location. Quelle bonne occasion, donc, de passer un petit week-end dans cette région afin de l'explorer un peu mieux. A la frontière Californie/Orégon, se trouve notamment le parc national Redwood que nous ne pouvions pas manquer.

Le départ était prévu le vendredi soir et nous devions passer la soirée chez une couchsurfeuse à Santa Rosa. Un programme plutôt alléchant avec un potluck prévu le soir même et de multiples rencontres en perspective. Mais c'était sans compter sur le manque de compassion du loueur de voitures. En effet, nous avions réservé notre petite économique pour 18h et avons eu le malheur d'arriver à 18h05. L'agent a refusé de nous délivrer la voiture, prétextant qu'il était syndiqué et qu'après 18h00 il ne fallait plus compter sur lui ! Nous étions vraiment dépités et sommes donc repartis blasés, sacs sur le dos et carte à la main, sans la voiture. Résultat : pas de couchsurfing à Santa Rosa mais une sympathique soirée et un petit resto thaï à San Francisco avec nos amis français.

Img_9503.jpg Img_9408.jpg

Le lendemain matin, nous étions devant l'agence de location 15 minutes avant l'ouverture. Cette fois, pas de mauvaise surprise, nous avons pu partir mais avons dû rouler directement jusqu'au parc, sans escale. Après 6 heures de trajet, nous sommes arrivés à l'"Avenue des Géants", une route panoramique louvoyant parmi les séquoias. Ce n'était qu'un avant-goût du parc de Redwood où nous avons fait un bonne petite balade. Ce parc étant situé sur la côte, les séquoias présents dans ce parc sont plus petits que les séquoias de montagne que l'on peut trouver dans les sierras (pas plus de 100 mètres de haut...) mais tout aussi anciens (certains ont plus de 2000 ans !). En outre, dans ce parc naturel sont recensées plus de 40 espèces de mammifères, parmi lesquelles l'ours noir, le puma, le lynx, le castor, la loutre de rivière, le daim, le coyote, le cerf et le wapiti. Mais évidemment, nous n'avons rien vu de tout ça ! :)

Img_9479.jpg

Le soir venu, nous sommes allés à Arcata, une ville regroupant de nombreux artistes et fumeurs de cannabis. Nous avons été hébergés par des étudiants. D'eux d'entre eux étudiaient le spectacle vivant (le cirque) et une autre la sociologie/économie. Drôles de colocataires ! L'appartement en question, très accueillant, était en mode "portes ouvertes" et nous avons été plutôt surpris, alors que nous étions "confortablement" installés au milieu du salon pour dormir, de voir aller et venir au milieu de la nuit différentes personnes inconnues, parfois avec un vélo à la main...

04mai

Le marché vraiment vraiment gratuit

Le mois dernier nous avons assisté à un événement très San Franciscain : le Really Really Free Market. Il s'agit d'une brocante en plein air - plus précisément dans le parc Mission Dolores - où tout est gratuit. Vous avez de vieux vêtements dont vous voulez vous débarrasser ? Un cadeau moche de votre grande tante qui traîne au fond du placard et dont vous ne savez que faire ? Envie de préparer ce gâteau que vous réussissez si bien mais que vous ne voulez pas manger seul ? Amenez tout ça au Really Really Free Market, il y aura sûrement quelqu'un qui sera intéressé.

BayviewBW.jpg

Lors de notre passage là-bas il y avait, outre le bric-à-brac que l'on peut imaginer, un joueur de guitare qui faisait profiter tout le monde de ses talents, un donneur de free hugs (accolades/câlins gratuits dont j'ai profité allégrement), des massages gratuits, et des leçons de Turc gratuites le tout dans une ambiance bon enfant.

IMG_1960.jpg

Pour notre part nous nous somme débarrassés de vieux magazines, d'ustensiles de cuisine que nous avions en double, de quelques livres, d'une guirlande de Noël et d'une assiette décorative moche pour laquelle j'ai eu en échange un "medicinal brownie" (comprendre un brownie au cannabis). Bref l'esprit purement San Francisco :)

A lire, l'article wikipedia à ce sujet.

05mar.

Valentine day's pillow fight

Tous les ans, le jour de la Saint Valentin, à San Francisco, a lieu le Pillow Fight, en français "la bataille d'oreillers". Le principe : Venir muni de son oreiller sur la place du Ferry Building et lorsque l'horloge du bâtiment sonne le coup des 18h, frapper sur toute personne présente et armée d'un oreiller.

390980012_36019fd8d6.jpg Photo © Tristan Savatier

C'est assez naïf comme concept (et dénué de toute idéologie) mais ça marche du tonnerre ! Difficile d'estimer le nombre de personnes présentes pour l'événement... Il faut dire c'est vraiment super fun, comme l'attestent ces photos de 2007 et cette vidéo de 2010 :


Pillow fight San Francisco 2010

Comme nous étions novices et un peu sceptiques au départ, nous n'avons pas participé à la bagarre de cette année (nous n'avions pas d'oreillers sous la main) mais le spectacle en lui-même valait bien le déplacement ! C'était impressionnant de voir à quel point tout le monde s'en donnait à cœur joie pour frapper sans discernement sur toutes les personnes alentour. Jeunes et vieux, filles et garçons, tout le monde s'en est mis plein la tronche au milieu des volées de plumes et des flashes d'appareils photos.

Ce genre de manifestation reflète vraiment bien l'esprit bon-enfant qui règne ici.

Img_8263.jpg

Mais il y a tout de même un aspect négatif à ce genre d'événement. S'agissant d'un "flashmob", il n'y a pas vraiment d'organisateurs. C'est juste spontané, une information passée viralement sur internet. Pas d'organisateurs = pas d'organisation = pas de nettoyage prévu à la fin. Aussi, la ville de San Francisco est furieuse : la facture de nettoyage s'élèverait pour ces deux dernières années à 35 000$ ! Oups !

04mar.

Kebby et Yogan à San Francisco

Mais qu'est-ce qui se passe ? On ne donne plus aucune nouvelle et personne ne s'en inquiète ? ;-) Bon, on vous pardonne et on reprend le rythme d'antan, c'est parti !

Ici, comme en France, c'est l'hiver. L'hiver, à San Francisco, c'est un climat tout à fait imprévisible (comme en été, me direz-vous). Nous avons par moment des journées magnifiquement ensoleillées pendant lesquelles on se croirait en plein été et nous avons des périodes de pluie interminables. L'hiver, parait-il, n'a jamais été aussi pluvieux que cette année.

C'est pendant l'une des ces périodes horriblement mouillées, malheureusement, que nous avons reçu nos amis lyonnais (enfin, j'arrondis) et fellow travellers, j'ai nommé : Elodie et Yohan. Eh bien, on peut dire que ça fait toujours autant plaisir de recevoir des amis, surtout quand ils sont aussi enthousiastes ! Je n'avais encore vu personne autant apprécier le clam chowder qu'Elodie :)

Dscn3125.jpg

Ensemble nous avons (re)découvert les classiques de San Francisco comme le Musée Mécanique et son bras de fer super puissant, l'acrobatique descente en cable-car, cheveux dans le vent, le Pier 39 plus ou moins vidé des odorantes otaries, les vêtustés du quartier hippie, les restaurants bien américains où on prend des kilos rien qu'en respirant l'odeur extrêmement riche de l'endroit, ou encore le super magasin pour gauchers où finalement on n'achète jamais rien...

Dscn3154.jpg

C'était aussi l'époque du "Dine About Town", pendant laquelle les plus chics restaurants de la ville ouvrent leur portes au grand public en leur faisant profiter d'un tarif tout à fait raisonnable. Vous nous connaissez : nous ne nous sommes pas privés de cette opportunité ! Parmi la liste des restaurants participant à l'opération, nous nous sommes même jetés sur le plus cher, le plus luxueux qui était disponible. C'est ainsi que nous avons dîné au Campton Place. Le menu était assez simple mais pas décevant (à part peut-être le gâteau au chocolat). Le service en revanche nous en a mis plein la vue ! J'ai particulièrement apprécié le petit coussin pour mon sac à main ^^

Dscn3152.jpg

La sortie de la semaine devait se faire au Parc Yosémite, cette merveille de la nature qui est tout près de chez nous et que nous n'avons toujours pas explorée. Malheureusement, en hiver, les routes sont enneigées et il faut des chaines pour circuler, ce que n'autorisent pas les compagnies de location de voitures de la ville... Du coup, nous nous sommes rabattus sur la valeur sûre des environs : la Highway 1, le long de la côte, vers le Sud et Monterey.

Dscn3144.jpg

Et puis je suis tellement soucieuse du bien-être de mes invités qu'au moment de leur retour, je les ai accompagnés non pas jusqu'à l'aéroport, mais jusqu'à la France :) C'était le moment pour moi de venir faire un petit coucou à la famille et aux amis.

21janv.

Go Raiders !

Après le basket, c'est au football américain que nous nous sommes attaqués. Profitant d'une offre promotionnelle, j'ai pris 4 places pour assister à la rencontre de NFL opposant les Raiders d'Oakland aux Ravens de Baltimore. Le stade de football se trouve juste à côté de l'Arena, là où les Warriors disputent leurs matches de basket et nous avons donc trouvé notre chemin sans difficulté.

Nous sommes arrivés sous le soleil et avons vite regretté de ne pas avoir de casquettes. C'était tout de même bien agréable, après une semaine de vacances par un temps très moyen, d'être au chaud sous le soleil. Les joies de la Californie, où un 3 janvier on peut assister à une rencontre sportive en plein air en tee-shirt :)

Le sport en lui-même est assez complexe mais à nous tous nous avions suffisamment de connaissances pour réussir à comprendre ce qui se passait. En ce qui me concerne j'ai acquis les miennes en jouant à Joe Madden Football sur MegaDrive. Qui a dit que les jeux vidéos ne servaient à rien ? :-p

Au niveau de l'intensité, ça se situe entre le baseball et le basket, avec tout de même un net avantage pour le sport à paniers. C'était une sortie très sympa mais je pense qu'en regardant ce sport à la télé on ne perd rien, voire c'est plus dynamique. Par chance nous avions notre boisson, notre mini hot-dog et un petit paquet de chips pour passer inaperçu au milieu de tous ces supporters américains munis d'assiettes de nachos au fromage, de rondelles d'oignon frites et de gobelets de coca grands comme des seaux à champagne.

Nous avons passé un bon après midi mais nous n'avons pas regretté de partir un peu avant la fin du match pour éviter la foule sur le quai du métro !

19janv.

Go Warriors !

Lors du séjour de Eve et Nico, je les ai emmenés à l'Oracle Arena assister à un match des Golden State Warriors. Il s'agit de l'équipe de basket de la baie de San Francisco qui, malheureusement, est particulièrement peu performante (actuellement avant dernière de la conférence ouest). Ils ont d'ailleurs fait honneur à leur rang pendant tout le premier quart-temps. A leur décharge, l'adversaire du jour était les Celtics de Boston, vainqueurs des playoffs NBA en 2008 et quart de finalistes en 2009.

L'ambiance était au rendez-vous avec beaucoup de fans présents et une atmosphère bien plus intime et par conséquent plus chaleureuse que celle du baseball grâce à la configuration de l'Arena et aux sympathiques pom-pom girls.

Il ne faut pas oublier également les pauses publicitaires. Des lanceurs de ce qui ressemblait à des paires de chaussettes (un des lanceurs était équipé d'un fusil à air comprimé pour atteindre les rangs éloignés), la distribution d'une quinzaine de pizzas gratuites à quelques supporters chanceux et, mon préféré, les bouteilles de bière Corona gonflables disposées comme des quilles qu'un homme sur une espèce de luge avait pour mission de faire chuter.

Contre toute attente et après une remontée aussi délectable qu'improbable, les Warriors se sont imposés au terme d'un dernier quart-temps haletant. Nous avons été gâtés pour notre premier match de basket en direct, d'autant plus que le suspense est resté entier jusque dans les derniers instants de la rencontre. Une expérience à renouveler avant la fin de la saison puisqu'Emilie n'avait pas pu nous accompagner.

17janv.

De Montréal à San Francisco

Il aura fallu un certain temps avant que nos amis français ne se décident enfin à venir nous voir. Mais la tendance est heureusement enclenchée et notre planning commence à être de plus en plus rempli de joyeuses visites (autres que les couchsurfeurs que nous continuons à recevoir de temps en temps).

P1050426.JPG

Pendant la période des fêtes, nous avons donc reçu Eve et Nicolas (le frère spirituel de Jérémie), venus du froid sec du Québec pour découvrir le vent humide de San Francisco. Leur arrivée ne s'est pas faite sans peine. A cause du fameux attentat déjoué dans un avion la veille de leur arrivée, des mesures de sécurité drastiques avaient été mises en place pour les passagers à destination des Etats Unis, ce qui, dans leur cas, a causé un retard de 5h environ. A une heure du matin, nous sommes allés les accueillir la tête complètement ensommeillée et avons bien failli les louper. En cause, la configuration de l'aéroport de San Francisco qui, curieusement, n'a aucun hall d'arrivée. Nous avons dû visiter plus d'une trentaine d'aéroports ces trois dernières années et je crois que c'est la première fois que j'en vois un sans hall d'arrivée. Heureusement, un coup de téléphone à 10 euros depuis une borne de l'aéroport a permis de réunir les meilleurs potes de la vie et leurs heureuses conjointes.

Pendant une semaine vraiment excellente, nous avons arpenté la ville. Ensemble, nous avons gouté le clam chowder et les parties génitales au chocolat, nous avons testé la descente de la vertigineuse rue de Californie en cable-car, nous avons découvert avec étonnement la disparition des phoques et otaries dans le port (!!!!!), nous avons soutenu les Warriors et les Raiders, nous avons cotoyé les nudistes à bonnet de Baker Beach, nous avons retrouvé la saveur oubliée des grasses pâtes carbo, nous nous sommes affrontés dans des parties déchainées de Time's Up, Camelote et autre Pandemic et nous avons participé à une petite soirée un peu turque et beaucoup multi-culturelle.

En tant que Français, nous ne pouvions pas passer le réveillon de la nouvelle année sans nous offrir un bon repas. Celui-ci, délicieux, nous a été offert par nos invités.
En tant que visiteurs de San Francisco, nous ne pouvions pas non plus passer le réveillon de la nouvelle année sans descendre dans la rue et nous mêler à cette foule agitée d'Américains heureux d'en finir avec 2009. Au bout de la route : l'Embarcadero. A observer : un magnifique feu d'artifices lancé au dessus du majestueux Bay Bridge. Il faut l'avouer, il y avait quelque chose de magique dans cette soirée... San Francisco lors du passage à la nouvelle année est, je trouve, encore plus belle que d'habitude.

Il fallait bien que nos amis partent un jour. Ou une nuit. Une belle nuit blanche, même, avant une très longue journée de voyage...
Après leur départ, nous avions un peu le coeur serré, comme quand on quitte quelqu'un qu'on ne reverra certainement pas tout de suite. Nous nous retrouvions à nouveau seuls tous les trois, San Francisco, Jérémie et moi.

13déc.

Invasion de pères Noël pour la Santacon.

Ce matin, quand nous avons aperçu par la fenêtre une dizaine de pères et mères Noël sortir du bâtiment d'en face, nous ne nous sommes pas vraiment étonnés. Il faut dire que dans cet immeuble habitent plusieurs travestis hauts en couleur très divertissants... mais qui ne nous surprennent même plus.

Ce n'est que plus tard, dans l'après-midi, que nous avons compris que quelque chose se passait. Des centaines, des milliers, des milliards (bon, j'exagère peut-être un peu) de pères et mères Noël se baladaient dans notre quartier. Il y en avait des gros, des petits, des barbus, des poilus, certains en jupes et d'autres en baskets. On aurait pu croire qu'ils se connaissaient tous. Ils ne semblaient pas avoir de but particulier, si ce n'est chacun des bars de la rue, bondés de ces personnages blancs et rouges.

74456625_beaefa9216.jpg (Photo de Simon Crubellier)

Il s'agissait en fait de la "SantaCon". La SantaCon est une "convention non lucrative, non politique, non religieuse de pères Noël, organisée et suivie sans aucune raison". Comme beaucoup d'initiatives un peu délirantes, cet événement a été créé à San Francisco, en 1994, avant de se répandre partout aux Etats-Unis et dans le monde.

Le but ? Il n'y en a pas vraiment, si ce n'est faire la tournée des bars et faire des rencontres. Par contre, il y a quelques consignes. Sur le blog du Santacon de la région de San Francisco, il est bien précisé qu'il ne "faut pas faire les cons", ni emmerder la police et les enfants.

N'hésitez pas à aller faire un petit tour sur l'article Wikipedia consacré à cette "Réunion de pères Noël", c'est assez rigolo.

04déc.

Thanksgiving

Thanksgiving est une fête très importante aux Etats-Unis. Il s'agit traditionnellement d'une fête familiale et puisqu'elle n'existe pas en France, nous n'avions pas réellement prévu de la célébrer. Nous avions juste l'intention de profiter des deux jours fériés offerts pour l'occasion.
Mais, quand mon partenaire linguistique (que je rencontre régulièrement pour pratiquer anglais et français) nous a proposé de passer la soirée avec lui, sa famille et ses amis, nous n'avons vraiment pas pu résister à cette adorable proposition.

Nous avons donc passé une vraie soirée de Thanksgiving à l'Américaine. Seule dérogation à la règle : pas de traditionnelle dinde cette année ! Mais à la place, tout un programme...

Dscn2673.jpg

Nous avons commencé par une petite mise en bouche : fromage français (brie) et américain (mousse de cheddar orange) sur différentes variétés de crackers, pâté de foie gras de canard à l'américaine (=écrabouillé façon pâté pour chat), amandes salées enrobées de chocolat, noix de macadamia, oeufs mimosa. Puis, nous avons attaqué les choses sérieuses façon "buffet all-you-can eat", c'est à dire trente tonnes de nourriture sur la table.
Au menu : travers de porc caramélisés, énoooorme rôti de boeuf, soupe de potiron, riz sauvage et sauce aux champignons, courgettes jaunes, brocolis à la crême, salade pommes-noix-fêta, sauce de canneberge, purée de carottes, mélange de légumes et j'en oublie peut-être.
Le tout préparé par notre agréable hôtesse.
Pour arroser tout ça : du vin (côtes du rhône, vin chilien, vin californien apportés par nos soins) et différents jus et thés.
Arrivés à ce stade, nous étions complètement repus mais le repas n'était pas complètement terminé. Il restait encore les desserts : traditionnelles tarte à la citrouille (qui en réalité goûte plutôt la cannelle), tarte aux pommes et tarte aux noix de pécan (sans gluten !) mais aussi différentes glaces Häagen-Dazs® et sablés faits maison. Pfiou !

Dscn2672.jpg

Mais, contrairement aux apparences, nous n'avons pas fait que manger.

Les discussions, d'abord, nous ont bien occupés. La réforme sur le système de santé a pris sa place au coeur de nos débats, mais aussi la politique, les voyages, les Etats-Unis et la France en général. L'un des invités, que nous avions déjà rencontrés, était particulièrement curieux sur tous les sujets dont nous pouvions parler. "Est-ce que les sans-papier en France ont accès à des soins médicaux gratuits ? Est-ce que la crise touche davantage la France que les Etats Unis ? Comment s'épelle votre nom de famille ? ... ".

En ce qui concerne l'animation, nous étions gâtés avec la petite de la famille, très énergique et très rigolote aussi. Mademoiselle a trois ans mais déjà elle apprend le violon, le français et l'allemand.

Enfin, une bonne partie de la soirée a été occupée par des jeux de société. Et ça tombe plutôt bien car Jérémie et moi sommes plutôt fans de ce genre d'occupation. A chaque nouvelle séance de jeux ici, nous en découvrons de nouveaux. Après Balderdash, Pandemic, Qwirckle, nous avons découvert ce soir-là Blokus et Rage. Mais nous n'étions pas venus les mains vides et notre Jungle Speed a bien amusé la galerie, même s'il n'a pas exactement fait l'unanimité.

Nous ne sommes pas non plus repartis les mains vides. A la fin de la soirée, il restait encore de quoi nourrir plusieurs "Christophe et Aurélie" affamés. Puisque la mode du "doggy bag" est particulièrement bien instaurée dans le pays, il était normal que nous repartions avec nos petits paquets. Ainsi, nous avons pu prolonger le repas de Thanksgiving le lendemain midi.

31oct.

La Castro Street Fair

San Francisco est connue pour être une ville libérale où la communauté gay est particulièrement présente et active.
D'ailleurs, vous avez peut-être eu l'occasion de voir le film "Harvey Milk" ("Milk" tout court pour les Américains). Il raconte justement l'histoire de cette communauté.

IMG_7789.JPG

Le quartier de Castro est le quartier gay par excellence. C'est ici que se tenait le 4 octobre dernier, la "Castro Street Fair" annuelle. La première édition de celle-ci était en 1974. C'était une idée de ce fameux Harvey Milk.

Comme dans toutes les fêtes de rue de San Francisco, l'excuse était bonne pour se promener tout nu, boire et chanter. Mais là, le propos était plutôt de promouvoir le quartier et la communauté gays, au même titre que la Gay Pride. C'était quand même un peu moins flamboyant.

IMG_7770.JPG

"Faggot" = "Gay" (en argot)


Puisque nous sommes le 31 octobre, j'en profite pour vous souhaiter un "Joyeux Halloween". Apparemment ici, on ne manque pas Halloween, c'est important !...
Depuis les années 1940, les San Franciscains avaient l'habitude de descendre les rues du quartier Castro le soir d'Halloween. Malheureusement, cela est aujourd'hui interdit à cause d'une fusillade survenue en 2006. 9 personnes s'étaient fait tirer dessus pendant cette soirée d'Halloween. Même si personne n'avait été gravement blessé, le maire, Gavin Newson, avait alors décidé qu'il était plus prudent d'interdire ce rassemblement à l'avenir, au grand dam des habitants, très attachés à cette fête historique.

26oct.

La LovEvolution Parade

Je ne sais pas comment on pourrait s'ennuyer à San Francisco ! Il ne se passe pas un seul weekend sans que soit organisés une "street fair", un festival, une parade ou n'importe quelle animation.

Img_7735.jpg

Aussi, en ce qui concerne les défilés, après le Carnaval et la Gay Pride, nous avons pu assister il y a quelques semaines à la "LovEvolution Parade". Même si je ne suis jamais allée à la Love Parade de Berlin, je pense que c'est similaire. Celle de San Francisco existe depuis 2003 et attire chaque année depuis cette date plusieurs milliers de visiteurs. Il s'agit d'un événement de musique électronique (une technoparade, quoi) totalement non-lucratif et non commercial. Tous les fonds pouvant être récoltés pendant cette manifestation servent à organiser la parade de l'année suivante et à financer quelques associations non lucratives.

Img_7640.jpg

C'était - comme toujours à San Francisco - hyper coloré et très bon enfant. J'ai adoré ! Une trentaine de chars bariolés et fortement sonorisés ont défilé dans le centre ville mais le plus remarquable était sans double l'ambiance générale qui régnait dans les rues. Visiblement, la règle était de porter les chaussettes, les lunettes et les coiffures les plus extravagantes possibles. Sans oublier les bracelets. Beaucoup de bracelets !

Img_7672.jpg

Nous avons pu croiser des Télétubbies, des Tigrous et beaucoup de gens vêtus de plumes, de fourrures, de collants ou encore de bonbons.

Je me suis régalée à prendre des photos. Très difficile d'en sortir trois ou quatre seulement pour illustrer cet article ! Bref, un excellent moment très "San Francisco" !

Img_7501.jpg

14août

Dans ton allée

NDLR : Attention, article un peu trash ! ...

Pour occuper notre dimanche après midi il y a quelques semaines, nous avions décidé, avec Emilie, d'aller à un petit festival en plein air. "Up your alley street fair" était censée regrouper une bande de joyeux lurons aimant faire la fête et se balader sans pantalon.

IMG_5580.JPG

Mais c'était bien plus que cela. En effet, à peine avions-nous fait quelques pas dans les allées du festival que nous assistions au fouettage du postérieur d'une femme entièrement nue aux formes plus que généreuses. La mode était aux vêtements légers, la plupart laissant une douce brise caresser les fesses de leur propriétaire et le cuir était de rigueur.

IMG_5610.JPG

C'était plutôt cocasse de voir cette troupe majoritairement composée d'hommes, les attributs exposés à tous les vents, en train de se trémousser sur de la techno en plein soleil ou de poser pour des photos, dans les rues de San Francisco.

IMG_5574.JPG

J'aurais pu m'inscrire à un concours pour gagner des DVD SM, voire pour participer au tournage de l'un d'entre eux mais j'ai préféré passer mon tour, allez savoir pourquoi. La timidité sans doute.

IMG_5593.JPG

Il y avait aussi en vrac des travestis, des hommes portant des costumes de chiens tenus en laisse, des séances de fouettage à tire-larigot, une partie d'un jeu très drôle qui consiste à placer sa main ou son pied sur un rond de couleur sur un tapis au sol où tous les participants étaient nus et se frottaient abondamment les uns aux autres, et la cerise sur le gâteau où plutôt "the icing on the cake" comme on dit dans le bouchonnois c'était la petite jeune fille munie d'un joli instrument rose (un gode-ceinture) qui s'activait sur un grand gaillard devant les passants.

IMG_5587.JPG

San Francisco est une ville vraiment ouverte !

30juin

Si tu est gay, ris donc !

Le dernier week-end de juin, les rues de San Francisco étaient en ébullition. Les drapeaux arc-en-ciel flottaient tout au long de Market Street et l'atmosphère était empreinte de liberté et de légèreté. La Gay Pride était sur le point d'avoir lieu.

Crunch

Echauffement le samedi après-midi avec une première série d'animations en tous genres sur la place de l'Hôtel de Ville, avec une grande scène et plusieurs plus modestes où se produisaient des artistes aux horizons culturels divers et variés. De la house, de la techno ou de la salsa, et toutes les musiques capables de faire se trémousser et remuer des foules étaient diffusées ça et là.

Travestis

Il y avait les inévitables stands de nourriture où là aussi l'ecclectisme est de rigueur; il suffit de fermer les yeux et d'ouvrir les narines pour faire le tour du monde (on se demande du coup pourquoi certaines personnes prennent une année sabbatique pour le faire!). Tout a l'air bon mais il faut avoir la bourse bien remplie et l'estomac rétreci pour profiter pleinement de ces mets, qui plus est hautement caloriques pour la plupart d'entre eux.

Bikeuses

Bref en ce premier jour je me suis contenté d'un repérage avec tout de même une exhibition de groupes de gym qui faisaient étalage de leurs talents ou de leur manque total de coordination. C'était soit impressionant, soit désolant, mais toujours distrayant. J'ai pu admirer quelques beaux accoutrements, ou l'absence d'accoutrement dans certains cas, et cette atmosphère de totale liberté était vraiment grisante. Tous les âges, tous les sexes (et je peux vous assurer qu'il y en a plus que 2!), toutes les religions et toutes les origines ethniques étaient présents et personne ne se souciait de qui avait l'air de quoi. J'ai particulièrement apprecié le stand: "Christian+gay=OK". Un joli pied de nez à une certaine personne numérotée, portant la mitre et qui pense que l'utilisation du préservatif "aggrave le problème du SIDA". Mais je ne veux pas être polémique alors je clos la parenthèse. Voilà.

Mister Leather

Tout ça c'est bien gentil mais L'EVENEMENT c'est évidemment la parade qui a lieu le dimanche matin et qui descend le long de Market Street jusqu'à l'Hôtel de ville. Ca durait de 10h30 à 14h et comme c'était en plein soleil et que j'avais oublié ma crème solaire, mon visage était rouge vif a l'issue du dimanche. Cela dit ça valait le coup de regarder défiler tout ce beau monde. Ca a commencé avec le défilé des motardes et motards, pour la plupart en couples unisexes. Il y a eu bon nombre d'associations liées de près ou de loin au respect et à l'aide aux homosexuels, bisexuels, transexuels et même asexuels. C'est aussi l'occasion pour les figures politiques locales de glaner quelques points dans les sondage en affichant leur ouverture d'esprit. Il y avait par exemple un sénateur, le district attorney et le shérif local. La police et les pompiers défilent aussi, c'est d'ailleurs touchant de voir les gros durs de policiers américains en uniforme tenir la main de leur petit-ami. Ajoutez à ça les radios locales, quelques sociétés dont Google pour citer la plus connue, et mes préférés, le gangs des SM, tout de cuir vêtus, et vous aurez un aperçu assez complet de la palette qui a défilé devant nous.

Melange

Et le parvis de l'Hôtel de Ville était bondé, surpeuplé, noyé sous des vagues de gens de toutes les couleurs et de toutes les formes, avec encore plus d'animations que la veille, dont un show SM qui avait l'air assez trash rien qu'à lire le programme. J'ai vécu avec un mec à Lyon (et qui y vit toujours) à qui ça plairait surement. Ca parlait de spanking, bondage, fisting et d'autres réjouissances mais je crois que mon estomac n'était pas à la hauteur pour affronter ça. Je commençais qui plus est à être brûlé au troisième degré sur le visage, ce qui ne m'a pas empêché de danser un moment en plein soleil sur de la bonne grosse musique électronique.

LeatherTeam

En résumé, l'annèe prochaine, viendez tous voir ça parce que ca vaut le détour !

Vegetarienne

18juin

Festival californien

Je suis alle au "Live 105 Festival" le week-end du 6 juin. Je n'ai pas de photos a vous montrer car c'etait bien stipule sur le billet "No photos". Et evidemment, tout le monde dans l'enceinte du festival avait un appareil photo... J'ai regrette d'etre le seul abruti a avoir lu les petits caracteres sur le billet, mais c'est comme ca.

Alors evidemment un festival c'est rarement en centre ville, et celui-ci ne derogeait pas a la regle. J'ai donc pris le Caltrain, les trains locaux qui desservent toute la Silicon Valley. J'ai apercu entre autres les batiments de Microsoft et un gigantesque site de la Nasa. Le train c'etait sympa, a l'heure et pas cher mais il ne fallait pas avoir des grandes jambes, en particulier les personnes qui choisissaient les sieges face-a-face. A moins de mettre leurs jambes en quinconce, de remonter leurs genoux sous leur menton ou d'etre cul-de-jatte, il n'y avait aucun moyen pour que deux personnes s'assoient face-a-face.

Bref j'ai debarque a Mountain View et pris un taxi jusqu'au Shoreline Amphitheater ou se deroulait le festival. Dans la file d'attente pour entrer j'ai eu l'impression d'etre le plus vieux, et de loin jusqu'a ce qu'un gars aux cheveux grisonnants se pointe. Ouf! Ouverture des portes a midi, et j'ai retrouve tout ce qui fait le succes d'un festival : stands de biere, de hot-dog, de hamburger, de frites (j'ai essaye les "Garlic Fries", des frites a l'ail la specialite locale), de nourriture mexicaine, de sodas, de vente de telephone portable et le meilleur de tous, celui de recrutement des Marines. Dans celui-ci il y avait une barre de tractions pour savoir si on avait l'etoffe d'un Marine, et accessoirement tenter d'impressionner les adolescentes alentour. J'ai evidemment passe mon tour, de peur que ma prestation ne les obligent a m'enroler sur le champ.

Re-bref, il faisait super beau et assez chaud malgre quelques bourrasques d'un vent limite glacial. Je suis reste allonge a l'ombre presque deux heures a ecouter de la musique avant de manger un Big Dog, juste un hot-dog mais taille americaine, c'est-a-dire long et epais comme la cuisse d'Arnold Schwarzenegger. Je me suis encore balade 2 heures puis comme je commencais a serieusement prendre des coups de soleil, que le seul endroit ou il y avait de l'ombre c'etait le chapiteau ou on diffusait de la techno, et que je n'avais personne d'autre que ma main droite a qui parler, je suis reparti en fin d'apres-midi.

J'etais decu parce que je venais voir The Offspring mais ils passaient en fin de soiree et bien sur il n'y avait pas de train pour rentrer apres la fin de leur concert. J'ai quand meme passe une belle journee meme si j'aurais drolement apprecie qu'Emilie soit ici avec moi pour profiter de cette belle journee.

26mai

Viens chercher bonheur !

Dimanche matin lever à 8 heures pour aller à la parade du carnaval. Ce carnaval se déroule une fois par an dans les rues du quartier Mission District qui regroupe majoritairement les communautés mexicaines, sud-américaines et des caraïbes.

Ce n'est donc pas une surprise si je vous dis que le défilé était en grande partie à base de samba, de couvre-chefs à plumes et de strings (photos à l'appui). Je connais un gars de Taussiat là qui aurait apprécié la vue, et je pense qu'il n'est pas le seul parmi mes lecteurs masculins.

Plumes

Ces pauvres créatures dénudées ont du faire face au même vent que celui qui soufflait la veille. Le thermomètre indiquait 15°C à l'abri ce qui n'est pas très chaud pour danser en bikini. La température explique peut-être aussi l'ardeur avec laquelle ces personnes dansaient, c'était un peu là leur seul moyen de se réchauffer.

Reine

Je suis resté trois heures malgré le décès de la batterie de mon appareil photo et la parade semblait encore loin d'être terminée mais le froid à eu raison de mon enthousiasme à voir s'agiter des demoiselles emplumées.

Sexy man