Comme nous vous l'avions expliqué dans un article précédent, nous recevons régulièrement dans notre petit appartement des "couchsurfers", ces voyageurs qui nous "empruntent" notre canapé.
Le couchsurfing est une expérience enrichissante et très variée, basée sur le partage. Le principe d'héberger pour quelques jours un voyageur, par exemple un ami ou un ami d'ami, ne date pas d'hier mais il s'est développé ces dernières années. Il a notamment pris une forme plus concrète et plus formelle lors du lancement de plusieurs sites internet dédiés, notamment HospitalityClub, GlobalFreeLoaders ou, le plus populaire et celui que nous utilisons, couchsurfing.com.
S'agissant d'une association à but non-lucratif, "couchsurfing.com" ne fixe quasiment aucune règle concernant la pratique, si ce n'est faire preuve d'un grand respect et d'une ouverture d'esprit.
Chaque personne souhaitant rejoindre la communauté de Couchsurfing possède un profil sur le site dédié. Le profil contient de nombreux détails sur la personnalité du couchsurfeur, ses idéaux, ses rêves, ses projets, ses valeurs. Une large part du profil est également occupée par les références des précédentes expériences de couchsurfing, très importantes.
Un membre de couchsurfing peut vouloir recevoir des gens, participer à des événements internationaux dans sa ville (sorties au resto ou dans un bar, projection de films, soirées jeux...), ou encore se faire héberger. Rien n'est obligatoire.
Il n'est pas obligatoire, par exemple, d'héberger quelqu'un pour pouvoir se faire soi-même héberger (même si l'expérience est plus complète et la communauté est plus équilibrée quand chaque personne pratique les deux). Il s'agit simplement, pour chacun, de faire son petit marché parmi les personnes du réseau. Est-ce que je souhaite plutôt être hébergé par une personne retraitée ou un étudiant ? Est-ce gênant pour moi si cette personne possède beaucoup d'animaux ? ... Ou inversement, "est-ce que j'accepte la demande d'hébergement de ce groupe de 6 hippies ? Est-ce que j'accepte la demande de ce couple d'octogénaires ? ". Il ne s'agit que d'une question de feeling.
Il n'y a pas d'argent en jeu. Les personnes reçues peuvent, si elles le souhaitent, faire un petit cadeau à celui ou celle qui les reçoit, mais rien n'est obligatoire. Un verre offert dans un bar ou un petit repas dans un restaurant local est souvent une bonne façon de rendre la pareille. Parfois, certains couchsurfers prennent aussi la peine de créer des cadeaux personnalisés pour leurs hôtes, ceux-ci sont particulièrement appréciables.
Au cas où vous vous poseriez des questions sur l'aspect pratique de la chose (par exemple : les couchsurfers sont-ils hébergés dans une chambre d'amis ou dans le salon ? Les draps sont-ils fournis ? Les serviettes ? Les repas sont payés/préparés par qui ? Sont-ils pris ensemble ? Est-ce que les couchsurfeurs reçoivent les clés de la maison ou de l'appartement ? Est-ce que l'hôte doit aller chercher le couchsurfer à la gare/ aéroport ? ...), je répondrais qu'il n'y a aucune règle et que tout est question de bon vouloir, de confiance, de bon sens et de communication. Les conditions d'hébergement sont le plus souvent spartiates (un clic-clac ou un matelas dans un salon) mais certaines personnes peuvent très bien offrir à un couchsurfeur une place dans une magnifique chambre d'ami de leur maison avec piscine & spa (c'est plus ou moins ce que nous avons nous même expérimenté à Bakersfield).
Jérémie est particulièrement adepte de la pratique et lorsque je suis rentrée en France pendant deux semaines en janvier/février dernier, il est passé à la vitesse supérieure, en hébergeant 10 personnes (venues de Corée, des États-Unis, de France, de Suisse et de Hollande) pendant ces 2 semaines.

En ma présence, nous avons reçu aussi un certain nombre de visiteurs ces derniers temps (voir portraits ci-dessus).
Il y a eu ce couple d'Italiens habitant à Vancouver. Daniel est étudiant en cinéma et a eu la chance de pouvoir intégrer une bonne école canadienne, son projet : devenir réalisateur. Ces Italiens étaient charmants et nous ont notamment préparé un excellent repas à l'italienne : bruschettas, poivrons mozzarella, pastas aux brocolis.
Et puis il y a eu ce petit couple de sportifs franco-québécois. Leur projet : rallier le Mexique, depuis San Francisco, et à bord de leur monture, c'est à dire à vélo. Distance : environ 1300kms. Durée : 2 mois. Hébergements : camping et couchsurfing. Plans : aucun. Inutile de préciser que nous avons beaucoup parlé de voyages avec ces baroudeurs. Eux aussi nous ont fait la surprise de nous préparer un excellent repas. Au menu : saumon chèvre-sirop d'érable. Délicieux !
Je ne savais pas trop quoi entendre par "free spirit" avant de rencontrer Xeo. Comme son nom ne l'indique pas, elle est canadienne. Et très originale. Son projet à elle : faire le tour du monde des célibataires afin de déterminer les critères qui feraient de quelqu'un son homme idéal. C'est ainsi que grâce à des sites de rencontres, Xeo fait la connaissance de personnes d'horizons différents et griffonne les réponses à leurs questions sur son cahier bien chargé. Elle prend son expérience très au sérieux mais n'a pas vraiment de plans quant à son itinéraire, ni même à la durée de son expérience. C'était vraiment intéressant de rencontrer une personnalité aussi fun, joyeuse et différente.
Oihane et Oihana quant à elles étaient basques. Un peu espagnoles mais surtout basques, et c'est important. En tout cas, ça avait l'air important. Avec elles, nous avons pu partager notre vision européenne sur ce monde américain. C'est fou comme nous nous sentons proches des Européens que nous rencontrons, depuis que nous sommes aux États Unis. Il faut dire que les différences culturelles sont énormes et que le pays basque, c'est aussi un peu la France. Elles aussi nous ont préparé un bon repas (décidément, on s'est beaucoup fait servir ces derniers temps !). Celui-ci était végétarien mais tout aussi délicieux.
Enfin, nos derniers invités, qui étaient encore là pas plus tard qu'hier, étaient américains. Enfin, presque. Avec aussi des origines allemandes, néerlandaises, indonésiennes. Un beau mélange, quoi. Ils étaient là un peu en voyage d'affaires, ce qui changeait des multiples couchsurfeurs que nous avons reçus et qui faisaient "la côte ouest des États Unis". Nous avons pas mal passé de temps à discuter, de tout, de rien, de culture surtout. Et Mike, guitariste débutant et cuisinier confirmé, nous a préparé de succulentes enchiladas. Miam !
Beau tableau, n'est-ce pas ?