J'ai choisi ce titre comme un retour aux sources, comme pour renouer avec la tradition séculaire du jeu de mot pourri, mais aussi parce que ce fameux Verdi a composé l'opéra en 4 actes "Il trovatore" que nous avons eu la chance d'aller voir à l'Opéra de San Francisco.

L'opéra, je parle ici du bâtiment, était vraiment charmant. Pour avoir visité l'opéra de Lyon ultra moderne et donc ultra moche à mon gout, j'ai été très agréablement surpris par le cadre classique de celui de SF. Certes ce n'est pas la même débauche de dorures et de velours que dans un opéra Italien mais l'atmosphère était bien là.

L'opéra, je parle cette fois de l'œuvre , était lui aussi très agréable à suivre malgré le manque de moelleux de nos strapontins. Un des mouvements du second acte est très connu et à voir en direct, on se sent comme transporté par la musique. En tout cas, on oublie l'espace d'un instant l'inconfort des sièges :-)

L'histoire pourrait être résumée ainsi : Le vieux comte était père de deux fils. Une vieille gitane est surprise une nuit au chevet de l'un des garçons, que nous appelleront Luc. Celui-ci qui tombe malade peu après cette visite. Croyant qu'un sort a été jeté à l'un de ses fils, le comte fait rechercher et brûler la gitane. La fille de cette dernière, folle de rage et de désespoir, enlève un des fils du comte et le jette dans les flammes.

Des années passent, et le fils survivant, que nous appelleront Luc également pour plus de confusion, est amoureux d'une jeune fille qui, elle, aime un trouvère.

(Parenthèse culturelle : "Il trovatore se traduit par Le trouvère. Le trouvère est l'équivalent en langue d'oïl du troubadour en langue d'oc").

Le trouvère, un bougre prénommé Luc et fort sympathique au demeurant, se trouve être le fils de la gitane dont la mère a été brûlée vive et qui avait jeté le fils du comte (Luc donc) au bûcher. Les deux hommes se retrouvent en se battent en duel pour l'amour de la jeune fille. On assiste donc à un combat de Lucs.

Peu après, la jeune fille croyant son Luc mort, décide d'entrer au couvent. Pendant ce temps, la mère du trouvère convainc son fils de venger sa mère (la mère de la gitane, soit la grand-mère du trouvère) mais un messager vient prévenir notre homme des intentions de la jeune fille. Il ne fait donc ni une ni deux et file sauver la donzelle. Il parvient à enlever la jeune fille avant qu'elle ne prononce ses voeux et l'emmène dans sa citadelle.

Luc, le fils du comte, a trop les boules de s'être fait piqué sa meuf. Pour la récupérer il décide donc d'assiéger la citadelle de son rival Luc. C'est la guerre des Lucs.

La gitane est alors enlevée alors que notre ami Luc le Trouvère s'apprêtait à épouser sa belle. Un messager lui annonce alors que sa mère a été enlevée par Luc, le fils du comte, et doit être brûlée vive le lendemain. Toujours aussi impulsif, le brave Luc fonce tête baissée sauver sa mère, abandonnant sa promise avant d'avoir dit "Oui je le veux". Sacré Luc ! Il aurait mieux fait de laisser la vieille où elle était et d'épouser sa douce puisque sa tentative de sauvetage échoue lamentablement et qu'il se retrouve lui aussi emprisonné et voué à l'exécution.

Son ex-future femme ayant de la suite dans les idées, propose au fils du compte de l'épouser s'il promet de laisser la vie sauve au fils trouvère de la gitane. Il accepte le marché, le sot, ne sachant pas que la jeune fille a prévu de se donner la mort plutôt que de l'épouser. Le plan de la jeune femme semblait génial, sauf qu'elle a la fâcheuse tendance à parler trop fort et lorsqu'elle explique son plan au Trouvère, le fils du comte entend tout. Ce dernier, fou de rage, transperce Luc de son épée alors que la jeune fille rend son dernier souffle après avoir ingurgité du poison.

La gitane ayant assisté à toute la scène annonce alors au fils du comte que des années plus tôt, dans son délire de colère et de tristesse suite à la mort de sa mère, elle avait jeté son propre enfant au feu au lieu d'y jeter le second fils du comte et elle l'avait alors élevé comme son propre fils. Luc était donc le frère de Luc et il venait de le tuer. Rideau !

Nous n'avons pas vu le temps passer durant les 2h40 qu'a duré la représentation. Malgré une fin qui donne l'impression que l'auteur voulait en finir en vitesse, ce fut une soirée très agréable et je pense que nous avons choisi une œuvre belle et intéressante pour notre première expérience à l'opéra.